___________________ S'élever par soi-même ___________________
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Les mots de l'Éducation

 

Alain  L'École

 

 

   ● " Toute heure de cours durant laquelle l'élève n'a pas lu et n'a pas écrit est une heure perdue. " 

 

Alain (1868 – 1951), Propos sur l'Éducation

 

 

Commentaires

 

Que vient-on faire sur les bancs de l'école, à part attendre avec impatience le jour rêvé où nous en sortirons savants et forts comme les grandes personnes ? Théâtre des drames affectifs de l'enfance sous le regard nostalgique des parents, l'école garde depuis ses premières fondations la mission fondamentale de veiller à développer les capacités uniques de l'Homme : savoir, lire, écrire, compter. Sous les formes de la maxime classique, Alain nous rappelle ici qu'il n'y a pas d'école sans science et sans littérature, que c'est là sa raison d'exister, et qu'à vouloir devenir autre chose qu'une université des premiers âges, ce ne sont plus ses heures d'apprentissage qui se perdent, mais elle-même.

 

* * *

 

 

Camus  Louis Germain

 

 

    ● Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. (...) 

 

Lettre d'Albert Camus à son instituteur, Louis Germain, après la réception de son Prix Nobel de Littérature (1957)

 

 

▪  Commentaires    

 

  Tels les héros contés par la tragédie grecque, un homme peut-il renverser seul les forces du destin ? Certes l’héroïsme est d'abord solitaire, mais a-t-il encore un sens si sa quête n’est pas couronnée de succès ? Camus  témoigne ici que cette route ne peut se passer de la présence des maîtres. Que toute personne avance sur ce chemin main dans la main. Que le prix Nobel se reçoit à quatre mains. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LA CULTURE & LES CIVILISATIONS

 

 

 

 

 

* * *  LES SYMBOLES  * * *

 

Communication

 

 

" Les témoins de l'Âge d'or "

 

 

 

 

L'Acropole d'Athènes                    Phidias  /  Péricles

            (le symbole de la Culture)                architecte - premier citoyen

 

 

[ Démocratie athénienne ▪ Ve siècle av. J.-C. ]

 

 

 

 

 

Le Thème

 

 

 Définition

 

 

Un Symbole peut se définir comme un vestige fondamental et le témoignage d'un événement historique majeur à l'origine de la fondation d'un peuple.

 

Objet issu de l'Histoire des hommes, il est peu à peu transposé en écriture pour acquérir les formes graphiques d'une calligraphie épurée à la manière de lettres dont la lecture furtive, telle celle d'un hiéroglyphe de la Haute-Égypte, l'apparente à un mot à la prononciation silencieuse mais au sens infini.

 

Arborés sur les champs de batailles des luttes sociales comme nationales, tatoués sur le corps comme un attribut essentiel de la personne ou pavoisés au faîte des édifices en marque de possession territoriale, les symboles demeurent l'une des rares matérialisations palpables de la culture et la preuve possible de l'existence des âges d'or.

 

 

 Étymologie

 

Aujourd'hui d'emploi courant et servant à désigner les objets cultes du monde contemporain comme les simples souvenirs de voyages, son nom garde depuis ses origines dans la langue grecque une même vocation mémorialiste du passé disparu. Ainsi le mot « symbole » tire-t-il son origine des restes brisés d'une poterie, un συμβολον « sumbolon » grec, qui une fois partagés entre deux cocontractants au moment d'officialiser leur accord permettaient, des décennies plus tard, de prouver leur accord en réunissant les deux moitiés anciennement séparées. Comme nos modernes symboles, leur présence rassemblait alors au monde présent les restes du temps passé disparu.

 

 

 

 

Les Caractéristiques du thème


 

 Éléments de fond

 

Physiquement, le symbole s'apparente donc à un objet du quotidien qui a acquis une signification particulière par sa présence sur la scène d'un événement majeur de la grande ou de nos petites histoires. Il est un vestige, un témoignage, une preuve vivante de la fondation d'une histoire commune et de ses serments mutuels, tels ceux matérialisés par le « sumbolon » de ses origines étymologiques. Fait dans la matière minérale et sans vie des objets inanimés, il demeure le seul moyen possible, face à la disparition physique des êtres ou à l'oubli du temps, pour leur redonner vie et renaissance.

 

 

 Éléments de forme

 

Formellement, sa singularité première tient en sa métamorphose courante d'objet du patrimoine conservé sous nos yeux en instrument du langage. Sans prononciation propre mais disposant d'un pouvoir de signification exceptionnelle par les peuples naissants qu'il fait apparaître en esprit à sa vue, le devenir de l'objet symbolique est de prendre rang parmi les mots de la langue. Telle une lettre nouvelle aux formes calligraphiques issues de la réalité, son objet intègre peu à peu l'univers de l'écriture, se fait lignes, prend l'apparence des signatures, s'imprime et se diffuse pour être lu partout et rappeler la présence dans le monde des idées de la culture.

 

 

 

 Exemples de l'Histoire

 

 

Trois symboles contemporains illustrent par le sceau de leur écriture le pouvoir des formes symboliques d'exprimer la continuité des aventures humaines.    

 

 

 

 La croix de l'Église catholique

 

Directement venu de l'âge noir des origines de la foi chrétienne, le symbole de la croix est celui du dernier témoin survivant de la tragédie fondamentale, du bois porteur de l'agonie du sauveur du peuple chrétien et le spectacle offert à chacun de ses fidèles sur le mur des églises de revenir par un simple regard sur la scène du Golgotha, au pied de la Croix véritable.

 

 

 

 L'emblème de la Croix rouge

 

Dressé sur les champs de bataille au milieu des combats, le drapeau souverain de la croix rouge impose l'arrêt des armes et dresse les premières frontières fragiles de la paix. Symbole renvoyant à l'univers médical fait de rouge et de blanc, la croix rouge est d'abord le rappel de l'acte constitutionnel du secourisme de guerre, en 1864, à Genève autour d'Henri Dunant, au sein de la nation suisse dont elle arbore les couleurs.

 

 

 L'insigne du Peace and Love

 

Inscrit dans le cercle de l'harmonie perpétuelle, le symbole des militants pacifistes poursuit le premier appel à la révolte contre les guerres lancé par les générations contestatrices des années 1970. Barré de segments renvoyant au langage des sémaphores, il clame, aujourd'hui dans les lendemains des attentats frappant les capitales européennes comme hier, un même « D » majuscule pour « Désarmer » le monde entier.

 

 

 

L’Illustration classique

 

 

Œuvre étudiée

 

Dernier vestige de la civilisation grecque aux origines du monde développé, le site archéologique de l'Acropole d'Athènes demeure, avec son promontoire rocheux s'élevant comme un piédestal aux œuvres de marbre de l'Antiquité, le symbole vivant de la Culture. Terre sacrée pour l'homme grec qui la bâtit en dévotion à la déesse protectrice de sa cité éponyme, elle reste encore aujourd'hui un sanctuaire, non de foi mais d'idées sur le devenir des nations, où se rejoignent les questionnements sur la culture et les routes qui mènent aux civilisations.

 

 

 Analyse de fond

 

En concurrence avec les forums légués par l'Empire romain jusqu'au cœur de la Rome éternelle, la cité disparue de l'Acropole allie au spectacle de sa puissance architecturale, la présence de temples de marbre dernières reliques de l'âge d'or athénien. Ultime lieu de survie de l'Atlantide grecque disparue, sa scène où marchèrent autour de Platon, Phidias et Péricles, les fondateurs de la science historique et de la médecine, les pères des académies et des lycées, les auteurs des premiers livres et les députés des premières assemblées, est le théâtre de naissance des institutions qui assurent l'éducation l'homme à ses facultés de pensée et à son génie. Vingt-cinq siècles après son œuvre fondatrice, elle demeure le vestige premier, le symbole fondamental.

 

 

 

 Analyse de forme

 

 

 Valeur calligraphique

 

Objet culte pour les hommes et les femmes de culture, l'acropole grecque ne fait pourtant l'objet d'aucun traitement calligraphique instituant son dessin au sein du langage écrit et des idéogrammes, à l'exception de rares logos reprenant la colonnade de son édifice principal.

 

 

 Valeur analogique

 

Sans traitement de forme, l'Acropole n'en demeure pas moins un symbole par excellence dont la force, à défaut d'écriture, tient à la richesse de ses réseaux analogiques. Qu'elle se réfère aux œuvres de la culture générale de l'élève, aux caractéristiques historiques des civilisations comme aux spectacles de désolation à l'origine des engagements civiques comme nationaux, chacune de ses pierres renvoie aux divers sens attendus du mot de culture.

 

 

La Culture générale

 

Sciences, philosophie ou arts, le complexe réseau sémantique des formes visibles au sommet de la ville haute athénienne est une expression des savoirs encyclopédiques de l'éducation, où s'admirent dans la lumière des idées philosophiques et du ciel de Méditerranée, les ordres géométriques dessinés aux proportions de φ phi, le nombre d'or, les échos lointains des chants de l'Iliade, le souvenir des métopes guerrières sculptées par Phidias et de la statue au corps d'ivoire d'Αθημα Пαρθενως Athéna Parthénos (la Vierge) au centre de la cité.

 

 

L'Éducation civique

 

Spectacle d'arts et de pensées, le sanctuaire athénien est aussi le reflet minéral de l'engagement pour la cité au cœur de toute idée de culture. Sur la terre de naissance de la démocratie et de la parole politique, ses marbres brisés sur le sol et ses temples détruits rappellent l'outrage des tragédies de l'Histoire et l'impérieux devoir moral du citoyen, dont la vertu sans tache a la blancheur des marbres, d'être prêt à la défendre. Sa vue est alors celle d'un mirage riche de sens, celui d'un temple, du temple du Παρθενων Parthénon qui dans la révolte de la vue de ses pierres outragées prennent les formes architecturales de notre Assemblée nationale comme la vision d'un nouveau graal.

 

 

La Civilisation

 

Au final, c'est l'achèvement des forces de la culture qu'exprime la relique sainte de l'Antiquité lorsque qu'embrassant du regard son panorama, il devient celui d'une cité nationale aux couleurs du ciel méditerranéen dont on perçoit les grandioses monuments, imagine le peuple fourmillant sous ses remparts, devine sa vie culturelle dans les bancs de ses amphithéâtres et croit apercevoir le long cortège de ses fêtes populaires, les Παναθηναια Panathénées, les jours d'ascension de son entrée monumentale. Symbole premier des civilisations naissantes et première de toutes les formes symboliques, les vestiges de la cité fondatrice des âges d'or n'est plus alors le hiéroglyphe secret de l'édifice culturel, mais son expérience vivante, celle du pouvoir de redonner vie aux ruines et aux cendres, de faire émerger sur la terre les Atlantides englouties.

 

 

 

Citation

 

 

 Commentaires

 

Émergeant de la nuit européenne dans l'éclat de sa restauration et des lumières qui l'illuminent désormais, c'est en rappelant sa signification et sa place dans la vie des nations, celle de symbole premier des peuples et de leur renaissance, que le ministre Malraux inaugure son discours de 1959 d'hommage à la Grèce, face au phénix de l'Acropole.

 

          « Une fois de plus, la nuit grecque dévoile au-dessus de nous les constellations que regardaient le veilleur d'Argos quand il attendait le signal de la chute de Troie... mais pour la première fois, voici surgi de cette nuit millénaire, le symbole de l'Occident. »   Malraux

 

Discours d'Hommage à la Grèce, le 28 mai 1959, in Oraisons funèbres

 

 

 

Le sens de la Culture

 

 

 Les Symboles

 

 Principe

 

Tel le mythe grec de l'Atlantide perdu ou celui des héroïques combats de la guerre de Troie aujourd'hui tombés dans l'oubli, les œuvres fondatrices des peuples sont confrontées à la perpétuelle menace de leur disparition et avec elle, de l'idée de nation. Parce qu'il est fait de chair et de sang et non de pensées éphémères, parce qu'il est un trésor issu des mondes passés et non un objet consommable du quotidien, parce qu'il peut s'écrire sur tous les murs et que sa langue des signes est comprise sur tous les continents, le symbole est le premier rempart contre l'engloutissement des civilisations. Son écriture est le langage de la culture.

 

 

 

 Illustration

 

Vestige premier de la communauté des nations du vingt et unième siècle, sorti de la nuit du Moyen Âge dans le spectacle continental des solstices d'été, l'acropole athénienne revêt les attributs existentiels qui font d'une matière inerte et sans vie, un vecteur de la parole, et de restes abandonnés sur le sol, une source de renaissance et d'immortalité. Symbole ancré à jamais dans la terre européenne de sa naissance face aux frontières des mondes barbares, sa cité des âges d'or renaissante sous nos yeux incarne, en patrimoine mondial de l'humanité, les idéaux de l'homme.  

 

 

 

 

Exercices

 

 

 Questions

 

1. Quel est l'opposé étymologique du mot « symbole » dans la langue grecque ?

 

2. Quelle organisation internationale arbore symboliquement la colonnade du Parthénon dans son logo ?

 

3. Proposer un symbole scientifique de la culture à partir de lettres alphabétiques selon l'usage commun des scientifiques.

 

4. Composez une proposition graphique d'un symbole possible de la culture.

 

 

 

 Etude personnelle

 

Choisissez un souvenir de vacances ou de voyage dans votre entourage. Etudiez sa composition. En quoi matérialise-t-il un événement fondateur ? 

 

 

 

 Réponses

 

1. Son opposé est le « dia bolom », ce qui sépare alors que le « sum bolom » réunit. Ce mot donnera naissance à notre figure maléfique du « diable ».

 

2. Cette institution est celle chargée de promouvoir la culture dans le monde, l'UNESCO.

 

3. CA = la Culture. Les lettres font référence à l'origine historique du mot culture dans une citation latine (« Cultura animi philosophia est. La culture de l'âme, c'est la philosophie. » Cicéron, Les Tusculanes II 13). C pour « Cultura » et A pour « Animi ».

4. Commentaires : reprise du vestige principal (la colonnade) et expression des tragédies historiques (état de ruines et de destruction).

 

 

 

source : Cours Germain.fr / J.D.L. © 2017

 

 

 

 

 

 

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