___________________ S'élever par soi-même ___________________
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Les mots de l'Éducation

 

Alain  L'École

 

 

   ● " Toute heure de cours durant laquelle l'élève n'a pas lu et n'a pas écrit est une heure perdue. " 

 

Alain (1868 – 1951), Propos sur l'Éducation

 

 

Commentaires

 

Que vient-on faire sur les bancs de l'école, à part attendre avec impatience le jour rêvé où nous en sortirons savants et forts comme les grandes personnes ? Théâtre des drames affectifs de l'enfance sous le regard nostalgique des parents, l'école garde depuis ses premières fondations la mission fondamentale de veiller à développer les capacités uniques de l'Homme : savoir, lire, écrire, compter. Sous les formes de la maxime classique, Alain nous rappelle ici qu'il n'y a pas d'école sans science et sans littérature, que c'est là sa raison d'exister, et qu'à vouloir devenir autre chose qu'une université des premiers âges, ce ne sont plus ses heures d'apprentissage qui se perdent, mais elle-même.

 

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Camus  Louis Germain

 

 

    ● Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. (...) 

 

Lettre d'Albert Camus à son instituteur, Louis Germain, après la réception de son Prix Nobel de Littérature (1957)

 

 

▪  Commentaires    

 

  Tels les héros contés par la tragédie grecque, un homme peut-il renverser seul les forces du destin ? Certes l’héroïsme est d'abord solitaire, mais a-t-il encore un sens si sa quête n’est pas couronnée de succès ? Camus  témoigne ici que cette route ne peut se passer de la présence des maîtres. Que toute personne avance sur ce chemin main dans la main. Que le prix Nobel se reçoit à quatre mains. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LA CULTURE & LES CIVILISATIONS

 

 

 

 

 

 

* * *  LES CITÉS DE CIVILISATION  * * *

 

Géographie

 

 

 

 

« La ville des vivants et des morts »

 

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L'Hôtel des Invalides                Louis Le Grand – Louvois

 

[ Monarchie absolue ▪ Paris - 1674 ]

 

 

 

 

Le Thème

 

 

 

 Définition

 

Une cité de civilisation, ou une cité culturelle, peut se définir comme une architecture urbaine réunissant, telle une principauté souveraine, les différentes institutions qui assurent la perennité existencielle des peuples dans le renouvellement des générations.

 

Á la fois ville touristique ouverte sur le monde, capitale et siège de pouvoirs mais aussi musée et atlantide imaginaire consacrés aux idées et aux arts, les cités dédiées à la marche civilisatrice des hommes sont aussi des mégalopoles secrètes et insoupçonnées où habitent sous ses voûtes parfois séculaires les ombres de milliers d'hommes du passé, bâtisseurs de nos quotidiens.

 

Carrefour de toutes les routes de la culture, de celles des découvertes scientifiques comme de celles qui bâtissent les états, ces villes éducatrices brassent dans le melting-pot de leurs races, des époques qu'elles traversent, de ses galeries d'art ou des récits magnifiés des aventures humaines qu'elles nous rapportent, la terre arable où prend naissance l'agriculture des hommes.

 

 

 Origines

 

Dénommées généralement « cité », et alors que leur qualification de « civilisation » reste encore peu usitée, ces institutions culturelles totales tiennent leurs origines dans la pensée visionnaire du ministre écrivain André Malraux et de ses « maisons de la culture », chargées en envoyés de la République d'essaimer dans les préfectures le Paris des arts et des idées.

 

 

 

 

 

Les Caractéristiques du thème


 

 

 Urbanisme

 

Semblable à première vue à une ville géographique en miniature de par sa composition physique, même si elle est le plus souvent réduite au pomerium de quelques bâtiments circonscrits, son édifice imposant (les cités du Palais du Louvre, du château de Versailles) recomposent sous formes réduites les agglomérations contemporaines. Charriant ainsi dans ses corridors le flux toujours croissant de ses visiteurs (la Grande Galerie du Louvre. La Galerie des glaces) telles les avenues commerçantes des villes, avec pour places publiques ses salles d'exposition, elles réunissent sous ses murs l'antique alliance à la genèse de tout urbanisme, celle des hommes et de la pierre (la Cité Radieuse, Le Corbusier, Marseille).

 

Ville dans la ville, son territoire s'implante sur les rives des grands espaces d'activités habités par les hommes (Cité de l'air et de l'espace à l'aéroport du Bourget) dont la cité dédiée devient, phare rayonnant sur l'ensemble de leur territoire, la citadelle et forteresse des valeurs.

 

 

 

 Sièges et centres de commandement

 

Qu'elles se dressent au sommet des collines (le Capitole, Rome antique) ou qu'elles demeurent cloîtrées dans les sanctuaires réservés aux cours impériales (la Cité interdite, Pékin), les cités de civilisation accueillent au sein de leur urbanisme les attributs de la puissance et les institutions de l'État. Ministères, académies ou hauts conseils, les commandements de la République se rassemblent sous ses remparts pour former, en périphérie parfois du pouvoir originel et du détenteur de la souveraineté, avec l'union des élites comme des mouvements civiques ou populaires (le Saint-Siège, le collège des cardinaux et les sièges de congrégations. Cité du Vatican), plus qu'une cité, une capitale du monde.

 

 

 

 Activités

 

À la fois ville géographique et capitole politique, les cités de civilisation s'apparentent aussi aux Atlantides mythologiques porteuses de tous les mythes. Dans des formes multiples, à la fois littéraires, scientifiques comme artistiques, ces murs abritent l'économie générale de la création culturelle. Qu'elle s'incarne dans la recherche des savoirs (Cité des Sciences et de l'Industrie, Paris), la conservation des événements de l'Histoire (musée Carnavalet, La Révolution française) ou qu'elle magnifie les œuvres laissées par une profession (la Cité du Vin, Bordeaux), son territoire, telle une industrie productiviste, diffuse le long de ses salles d'exposition comme devant les lumières de ses spectacles (Le Festival d'Avignon, arts de la scène) ou dans ses jardins les soirs de fête (Château de Versailles, les Fêtes du Roi - XVIIe siècle), l'ingénierie savante d'où prend naissance les civilisations.

 

 

 

 Habitants

 

Abris des œuvres laissées par le passé des hommes ou par la main de l'artiste, les cités culturelles sont aussi des lieux riches, non du trésor des choses mais de la présence des hommes. Silencieuses et désertes dans le quotidien de ses salles d'exposition, elles s'animent soudainement pour devenir la terre habitée par les hommes dans l'histoire, bâtisseurs des cités, fondateurs des États, morts depuis des siècles et renaissants parmi nous. Devant l'obélisque de ses mémoriaux élevés aux grands hommes (Washington Monument. États-Unis), sur les marches de ses entrées monumentales les jours de panthéonisation (Panthéon de Paris. République française), au milieu de son sanctuaire où reposent ses héros fondateurs (Le Saint des saints, nécropole des Papes. Basilique Saint-Pierre de Rome) ou dans le carré de ses cours pavoisées lors d'hommages aux disparus (mémorial du Mont Valérien, les 18 juin), ces cités du souvenir prennent la taille démesurée de mégapoles intemporelles où s'invitent dans le silence devant les générations nouvelles la foule toujours présente des générations anciennes.

 

 

 

 

 

L’Illustration classique

 

 

Œuvre étudiée

 

 

▪ Fondation

 

Élevé sur les décombres des champs de ruines de la Guerre de Trente ans, l'Hôtel des Invalides voulu par Louis-le-Grand (édit de fondation, 1674) pour l'accueil de ses fidèles et vieux soldats, est une vaste construction classique des fronts de Seine déployant sur plus d'un kilomètre de circonférence une architecture grand siècle faites d'ailes d'habitation et de cours intérieures couronnées par un dôme monumental frappé aux armes du Roi-Soleil.

 

 

▪ Histoire

 

À l'origine simple hôpital de retraite pour la grande armée du monarque conquérant, l'édifice royal s'est muté le long de ses trois cent quarante ans d'histoire en un sanctuaire catholique (édification de l'église du Dôme, 1706) puis militaire (inhumation du maréchal de Turenne, 1800. Premier Empire) avant d'accueillir dans ses corridors en grande partie désertés le conservatoire de la mémoire combattante de la France (Musée de l'Armée, inauguration 1905), des sièges de commandement (installation du Gouvernement militaire de Paris, années 1920) et le théâtre solennel et toujours actuel d'hommages nationaux rendus aux disparus de la République (obsèques de Michel Rocard, 2016. Cérémonie aux victimes du 13 novembre, 2015). Hier édifice monolithique dédié aux secours des invalides de guerre, aujourd'hui hôtel hospitalier de toutes les institutions militaires, les Invalides présentent le spectacle urbain d'un monument devenu cité et dédiée à la civilisation de l'homme sous les drapeaux.  

 

 

 

 

 Analyse

 

 

 

Urbanisme

 

Il y a trois siècles environnée de paisibles abbayes verdoyantes, maintenant encerclée de ministères et au centre de la vie des pouvoirs publics, la ville Invalides prospère alimentée par le poumon de son hôpital militaire (l'Institution nationale des Invalides) arrimé au flanc de la métropole parisienne. Une foule mondiale de visiteurs s'y presse dans le forum de sa cour d'honneur, par la voie sacrée des Champs-Élysées et son arc impériale, pour y croiser dans les rues ses corridors sauvegardés, les blessés français des quatre coins du monde.

 

 

 

Sièges

 

Lumière sur le monde pour ceux dont le regard est porté au loin par les valeurs militaires, la cité des Invalides est aussi, en écho culturel français au pentagone américain et à ses stratèges, un capitole de commandement. Toujours administrée par un gouverneur, portant haut l'uniforme de sa dignité et l'écharpe invisible de son statut de maire de la cité, elle concentre sous ses ailes une préfecture propre aux armées (le Gouverneur militaire de Paris) et un conseil de gouvernement (le Secrétariat général de la Défense nationale) auxquels se joignent les présidences de la culture militaire. Elle concentre ainsi les organes sénatoriaux d'élection du mérite combattant (Chancellerie de l'Ordre de la Libération. Première remise de la Légion d'honneur, église des Invalides, 1802.) comme les institutions plébéiennes et civiques qui défendent la vie des armées (siège de l'ONAC, Office nationale des anciens combattants et des victimes de guerre) ou œuvre pour son patrimoine (La Flamme, association gestionnaire de la flamme du Soldat inconnu).

 

 

 

Activités

 

Carré militaire au centre de Paris, les Invalides célèbrent la suprématie institutionnelle de la culture, capable de s'inviter ici, là où elle ne devrait pas, en habillant d'œuvres d'art les austères murs d'une citadelle bâtie sur les terres brûlées de l'Arès. Dans une suite muséographique continue s'invitant parfois dans les moindres recoins de l'espace (plaques votives, déambulatoire du 1e étage), la cité déploie toutes les facettes de sa mission première de musée national. Architecture (le Dôme des Invalides, Jules Hardouin Mansart, 1706), sculptures (« Louis XIV en empereur », Coustou, 1732, frontispice du pavillon nord), fresques (« L'apothéose de Saint Louis », Charles de la Fosse, coupole intérieure du Dôme), décors (« le tombeau de l'Empereur », Visconti, crypte du Dôme), peintures à l'huile (« Le fond de la giberne », Édouard Detaille, 1880), bronzes (« Le Petit Caporal », Émile Seurre, arcades de la Cour d'honneur), objets symboliques (bâtons de maréchal), vestiges du néolithique (armes en os), tenue d'apparat (armure de François Ier), véhicules historiques (char Renault), art moderne (« Verdun », Félix Vallenton, cubisme), objets d'art (fusils ornés), projections documentaires (filmographies de l'Historial Charles de Gaulle, cour Austerlitz), mais aussi lieux de découvertes scientifiques (laboratoire l'agronome Parmentier, pharmacien militaire) ou scènes d'événements historiques (Prise des Invalides, le matin du 14 juillet 1789. Rassemblement des Taxis de la Marne, les 6 et 7 septembre 1914, esplanade Nord. Activités du réseau de Résistance « Morin », 1940-44), cérémonials (prises d'armes annuelles), son et lumières (spectacles monumentaux projetés sur les murs), concerts (saison musicale en l'église des Invalides) ; dans un panorama complet de formes d'expressions existantes, où seul semble s'y être exilée l'érudition livresque (transfert des collections bibliographiques aux universités de Paris, années 1990), les Invalides produisent dans son silence poétique une machine urbaine à sécréter des rêves de grandeur et de batailles, en échange d'un simple regard.

 

 

 

Habitants

 

Peu à peu vidée de ses survivants tumultieux de l'Histoire de France, la ville dévolue maintenant aux arts de la Guerre est redevenue l'hôtel hospitalier de son roi fondateur, mais pour accueillir cette fois une humanité supérieure, celle du peuple de la culture et des civilisateurs : l'assemblée divine des hommes. Endormis dans le repos de leur gloire, comme enfermés dans les toiles ou les pages contant leurs exploits, les demi-dieux des légendes militaires se relèvent de leurs lits de mort dans l'esprit de ses visiteurs. La Culture prend forme, les salles se repeuplent, un aréopage illustre se dévoile dont la cité est la royale demeure et où se mêlent, renaissant devant chaque œuvre dans un chaos de bruits de batailles, avec les premières notes de la Marseillaise, les étoiles de maréchal et les majestés royales, les files des croisades et de Nuit et Brouillard, et dans les charges d'Austerlitz, la silhouette de l'Empereur.

 

Terre de reliques laissées par l'Histoire, les Invalides sont aussi une ville sanctuaire où se rencontre au fil de son exploration la part d'immortalité des grands hommes. Exposé à la vue de tous dans le corps glorieux de leur dépouille (tombeaux sculptés des maréchaux Turenne et Foch, Dôme des Invalides), protégé dans les sarcophages de granite d'Alexandre (tombeau de Napoléon Ier, Visconti, 1861) ou à même le sol lors de funérailles nationales (obsèques de Lazare Ponticelli, dernier poilu de la Grande Guerre, 2008, Cour d'honneur des Invalides), réincarné par les lumières du cinéma d'archives (Historial, spectacles de son et lumières) ou représenté par leurs étendards héroïques de vaincus dans l'honneur (« Drapeaux pris à l'ennemi », Armée française 1805 - 1945, corniches de l'Église des Invalides), le peuple défunt qui a fait l'histoire fait des Invalides le royaume terrestre de leur vie céleste après la mort. Elle est dans le Paris de la République, à l'instar de la Rome et de son empire, l'antique forum de la rencontre des vivants et des morts.

 

 

 

 

 

Citation

 

 

 

 Commentaires

 

Gravée sur la pierre de l'édifice depuis le jour de sa fondation royale (1674), la dédicace du monument (frontispice du pavillon Nord) écrite dans la langue des césars et sous la signature de Louis le Grand révèle sa vocation fondatrice révélée par son devenir historique et aujourd'hui achevée dans son forme urbaine : assurer in perpetuum providens le salut de l'armée.

 

« Ludovicus magnus (nom.) militibus (abl., pour) regali manificenta (abl., par manificence royale) in perpetuum providens (in+acc. participe, pour l'éternité) has aedes (acc., cet hôtel) posuit (parfait, fonder)»

 

 

 

 

 

Le sens de la Culture

 

 

 

 Les Cités de civilisation

 

 

 Principe

 

Nées au cœur des peuples dont elles sont l'incarnation, les cités de civilisation dressent les remparts qui conservent et protègent le feu sacré de l'existence collective. Édifices urbains parmi ceux qui des écoles aux académies parsèment les villes et abritent les états de la culture, elles sont l'apparition à l'horizon des paysages habités des cités rêvées et des Athènes nouvelles. Forme enfin la plus incarnée de la Culture, inscrite dans la pierre et non dans la seule fiction des livres, disposant d'hommes, de bâtiments et parfois de ministres à son service, elle veille au sein des peuples à offrir un ressourcement originel au rendez-vous des vivants et les morts, pour le maintien de la vie et de l'existence collective.

 

 

 

 

 Illustration

 

Parce qu'elle s'est élevée sur les décombres de « tous les champs de bataille » tel que le rapporte la devise de son drapeau règlementaire, à l'âge crépusculaire où les infirmes des armées étaient laissés à l'abandon, qu'elle est l'œuvre du père fondateur des armées françaises, Louis le Grand (campagnes victorieuses, conquêtes de territoires, institution du maréchalat et de l'invalidité de guerre etc.) et parce qu'enfin trois siècles plus tard son élévation, elle est le centre culturel de la vie des armées, l'Hôtel des Invalides est une incarnation classique des cités civilisatrices. À la fois comme asile de sauvegarde des militaires que comme ville où s'échangent leurs idées et où se côtoient leurs généraux et grands hommes, par l'événement de sa fondation comme par son devenir, elle est la conservatoire, in perpetuum providens, de la civilisation militaire.

 

 

 

 

Exercices

 

 

 

 Questions

 

1. Quel institut de recherche abrite, tel un sanctuaire de la Science, le caveau d'un grand homme et fut le théâtre dans les années 1980 d'une découverte médicale de répercussion mondiale ?

 

2. Quelles formes artistiques conservent et exposent la nouvelle Cité du Vin, inaugurée à Bordeaux en 2015 ? (laciteduvin.com)

 

 

 

 Étude personnelle

 

Étudiez l'urbanisme de votre quotidien. En quoi recèle-t-il au cœur du la vie quotidienne, la présence d'hommes et de femmes du passé ?

 

 

 

 Réponse

 

1. L'Institut Pasteur à Paris. Une crypte y fut aménagée pour recevoir le corps du père de la vaccination (1896). Une de ses équipes de biologistes (dir. Luc Montagnier) y observa pour la première fois le virus à l'origine du syndrome du SIDA et de son épidémie meurtrière (1983).

 

2. Les nectars, arômes et senteurs éveillés aux cinq sens par l'art de la culture vinicole exposé en ces lieux.

 

Étude personnelle. Éléments de l'observation : noms de rue, plaques commémoratives, œuvres du patrimoine, mémoire populaire d'événements passés, etc.)

 

 

 

 

source : Cours Germain.fr / J.D.L. © 2017

 

 

 

 

 

 

 

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