___________________ S'élever par soi-même ___________________
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Les mots de l'Éducation

 

Alain  L'École

 

 

   ● " Toute heure de cours durant laquelle l'élève n'a pas lu et n'a pas écrit est une heure perdue. " 

 

Alain (1868 – 1951), Propos sur l'Éducation

 

 

Commentaires

 

Que vient-on faire sur les bancs de l'école, à part attendre avec impatience le jour rêvé où nous en sortirons savants et forts comme les grandes personnes ? Théâtre des drames affectifs de l'enfance sous le regard nostalgique des parents, l'école garde depuis ses premières fondations la mission fondamentale de veiller à développer les capacités uniques de l'Homme : savoir, lire, écrire, compter. Sous les formes de la maxime classique, Alain nous rappelle ici qu'il n'y a pas d'école sans science et sans littérature, que c'est là sa raison d'exister, et qu'à vouloir devenir autre chose qu'une université des premiers âges, ce ne sont plus ses heures d'apprentissage qui se perdent, mais elle-même.

 

* * *

 

 

Camus  Louis Germain

 

 

    ● Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. (...) 

 

Lettre d'Albert Camus à son instituteur, Louis Germain, après la réception de son Prix Nobel de Littérature (1957)

 

 

▪  Commentaires    

 

  Tels les héros contés par la tragédie grecque, un homme peut-il renverser seul les forces du destin ? Certes l’héroïsme est d'abord solitaire, mais a-t-il encore un sens si sa quête n’est pas couronnée de succès ? Camus  témoigne ici que cette route ne peut se passer de la présence des maîtres. Que toute personne avance sur ce chemin main dans la main. Que le prix Nobel se reçoit à quatre mains. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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* * *     LE MÉMORIAL     * * *

 

Éducation civique

 

 

 

« La pierre de fondation des peuples »

 

 

 

           L'Arc de Triomphe                         Premier Empire

et la tombe du Soldat  inconnu    Députés de la Chambre Bleu horizon

 

 

[ Paris, place Charles de Gaulle ▪ 1836 - 1920 ]

 

 

 

 

 

Le Thème

 

 

 

 Définition

 

Un Mémorial, ou monument commémoratif, peut se définir comme une architecture aux dimensions souvent monumentales racontant par ses formes et son esthétique la tragédie des peuples.

 

S’opposant par sa présence imposante aux destructions et à l’oubli, il est une œuvre du patrimoine de la communauté nationale et un manifeste de la continuité de l’Histoire d'une nation.

 

Symbole ancré dans la paysage, il sert aussi de théâtre aux principales manifestations de renforcement du lien civique, les cérémonies commémoratives.

 

Son nom qualifie aussi, par glissement sémantique, tous monuments commémoratifs ou centres culturels consacrés « à la mémoire » d' événements historiques majeurs.

 

 

 

 Histoire

 

Antiquité

 

Édifices familiers des Français par la présence des monuments aux morts de 14-18 qui siègent au côté de chaque mairie de France, les mémoriaux sont nés sous l’antiquité grecque pour honorer les citoyens morts pour la défense de la cité. Ils gardent jusqu’à nos jours la même fonction immuable : rappeler le sacrifice des disparus par l’inscription de leurs noms sur les places publiques.

 

 

Temps modernes

 

Aux temps modernes, leurs érections culminent avec les grands conflits mondiaux. Ceux des campagnes napoléoniennes pour commémorer les victoires de l’empereur (L’Arc de Triomphe). Ceux de la Grande guerre et de ses milliers de morts (L’Ossuaire de Douaumont). Ceux enfin de la Seconde Guerre mondiale sur les lieux mêmes des combats et du sacrifice de ces hommes (Omaha Beach Memorial, Normandie) (Le Mémorial de la France combattante, Mont Valérien).

 

À la faveur des lois mémorielles apparues dans les années 1990 au profit des victimes civiles de violences institutionnelles, les mémoriaux connaissent un second essor. Leurs souvenirs s’étendent désormais à la mémoire des minorités nationales opprimées, jusqu’à la tentative génocidaire d’anéantissement, en application de lois raciales (Mémorial de la Shoah) ou de systèmes d’exploitation par le travail (Mémorial ACTe de l’esclavage, Guadeloupe).

 

 

 

Les Caractéristiques du thème

 

 

Emplacement et dimension

 

Les caractères d'identification des mémoriaux tiennent à la fois à leur monumentalité particulière et à leur emplacement géographique. Posés devant le décor des paysages et des horizons comme aux carrefours des perspectives urbaines, ils trônent en première place au cœur des villes, des villages et des hommes. Dressés au-dessus des collines et des places publiques, ils rappellent à la vue de tous, dans l'impossibilité de leur oubli, la raison de leur présence.

 

 

Éléments d'architecture et composition d'ensemble

 

Bâtiments d'art dépourvus de fonction d'habitat et dont l'unique vocation est narrative, les mémoriaux s'organisent autour de vastes espaces libres chargés d'accueillir des rassemblements populaires (défilés, cérémonies). Ils empruntent par leurs formes architecturales et leurs décors aussi bien à la figuration classiques contant l'histoire événementielle (statuaires, bas-reliefs, objets symboliques) qu'à des formes venues des âges antiques et des temps de fondation de la civilisation européenne (arc, obélisque, stèle dressée, colonne antique). Leurs lignes géométriques simples, expression de force et de puissance, forment alors le spectacle quotidien d'édifices politiques indestructibles et plantés à jamais dans le sol telle la première pierre de fondation des peuples.

 

 

 

L’Illustration classique

 

 

 Œuvre

 

 

 Valeur

 

Même si les exemples d'édifices remarquables consacrés à la mémoire sont légion de par le monde, au regard de la tragédie particulière de la Grande Guerre, le mémorial français des poilus de 14-18 demeure une œuvre phare à privilégier par son caractère fondateur et son exceptionnelle mise en scène dans la ville.

 

 

 Création

 

Deux après la fin des combats, dans une France en deuil ayant perdu en quatre années plus d'un million de ses citoyens soldats, la représentation nationale du peuple Français (la Chambre Bleu horizon) vota la naissance d'un lieu nouveau pour rendre les honneurs aux sacrifices de ses disparus. Par une réaffectation sans exemple dans l'histoire des institutions, c'est par la simple inhumation du corps anonyme de l'un de ces hommes sous un monument préexistant que sera édifié le manifeste nouveau de la reconnaissance populaire. L'Arc de Triomphe voulu par l'empereur devenait ainsi, par la Tombe du Soldat inconnu placé sous ses arcs, le mémorial nouveau s'élevant vers la gloire de la tragédie de Verdun et de tous les morts pour la France.

 

 

 Analyse

 

Emplacement et dimension

 

Si l'arc de la place de l'Étoile, maintenant devenu l'arc du Soldat inconnu, bénéficie d'une telle notoriété dans les consciences mémorielles, c'est d'abord par sa place d'exception trônant au centre de la ville monde de Paris.

 

Posé au sommet d'une colline, en point final de la voie triomphale des Champs-Élysées et à la croisée de douze avenues urbaines qui irriguent tout l'ouest parisien, le mémorial de l'empire accède à la dimension inégalée d'un mégalithe moderne bâti aux tailles des métropoles d'aujourd'hui. Là où le monument commémoratif était coutumièrement l'architecture centrale des seuls champs de bataille, il est ici l'organisateur principale de la capitale et le rendez-vous quotidien du peuple de Paris avec l'histoire de son pays, au mémorial des jours de sa tragédie et de sa renaissance, place de France.

 

 

Éléments d'architecture et composition d'ensemble

 

L'Arc

 

Trônant ainsi sur la ville, le mémorial de la nation France est une négation, dans l'alchimie de formes artistiques, du néant des civilisations pour l'éducation des peuples. De son ombre colossale entourant la place jusqu'à l'intime pied de ses arcs, les arts de l'architecture et de la statuaire se rassemblent pour exprimer un même manifeste du combat et de la fragile victoire des hommes sur la mort. Face à la disparition, à la "shoah" des générations de français combattants disparus sous les bombes sans laisser de trace, la Tombe du Soldat inconnu narre la retour à la conscience nationale de ses hommes et la mémoire enfin ressuscitée.

 

 

La Tombe

 

Par un triple acte enfanté par l'architecture funéraire de la tombe, les morts de Verdun retrouvent ici à la fois une sépulture, un rang et un nom. Là où la mort les avaient fauchés en anéantissant leurs corps, ils retrouvent sous l'arc, par l'hommage rendu à l'un des leurs, une sépulture pour accueillir dans la dignité leurs dépouilles. Là où ils n'étaient que les sans-grades et les sans-culottes de la guerre industrielle, ils sont désormais les premiers sous l'Arc de Triomphe. Là où leurs noms avaient été effacés, ils retrouvent ici un nom nouveau de baptême et portent avec le premier d'entre eux le titre de « soldat inconnu », comme un patronyme des rois conservés par l'Histoire et jamais effacés. Soldats revenus des mondes inconnus de l'oubli, aujourd'hui endormis dans le repos des Champs-Élysées, le retour de leurs cendres au tombeau impérial de l'arc fait de ce monument l'indestructible mémorial de la continuelle victoire de la nation France sur la mort, de l'élan de sa civilisation contre les menaces du déclin, et la preuve vivante de son existence ravivée par sa flamme nationale chaque jour.

 

 

Inscription & gravure

 

Commentaires

 

Pareille à l'humilité du peuple des poilus dont il est le représentant, c'est une épitaphe simple, solennelle et emprunte de recueillement qui marque la tombe de celui qui a été désigné pour que le nom de ces hommes soit à jamais gravé dans la conscience collective.

 

Ici repose un soldat français mort pour la patrie

1914 - 1918

 

 

 

Le Sens de la Culture

 

 

 Le Mémorial

 

 

▪ Principe

 

Élevé au centre de la cité, la pierre des mémoriaux assure un rôle essentiel dans l'ordre politique des nations. Il enseigne, face aux tragédies de l'Histoire humaine, la résurrection et le renouveau des hommes. Transformant ainsi les champs de ruines de la guerre en champs de paix dans le repos des cimetières militaires, opposant à la destruction son architecture solaire et gravant enfin le nom des disparus contre l'oubli, l'œuvre des mémoriaux scelle le contrat social de toute nation et le pacte vital du citoyen pour poursuivre la destinée de son pays.

 

 

 Illustration

 

Poursuivant depuis bientôt un siècle sa mission constitutionnelle, le tombeau de l'arc rappelle ainsi chaque jour, au cœur de la cité et de la place publique, la pacte fondamentale qui unit les Français avec leur pays. Aux yeux de tous, et du monde entier venu l'admirer, il forme, de la tragédie de Verdun à l'apogée de l'Empire, la pierre de fondation de la Nation France.

 

 

 

Exercices corrigés

 

 

 Questions

 

1. Par quel moyen le mémorial de Saint Hélène permet-il de garder le souvenir des hauts faits de Napoléon 1er auprès des nouvelles générations ?

 

2. Quel symbole venu de l'Antiquité se découpe tel un totem dans le ciel de la Lorraine pour rappeler la présence en ces lieux du fondateur de la république française actuelle ?

 

3. Quel mémorial est édifié à la fin de la tragédie shakespearienne Roméo et Juliette pour sauvegarder la mémoire des deux amants disparus ?

 

 

 

 Étude personnelle

 

Visitez le monuments aux morts de votre commune. Étudiez son emplacement. En quoi est-il mis à l'honneur dans l'urbanisme ?

 

 

 Correction

 

1. Par la lecture puisque ce mémorial de papier narre sous forme biographique les œuvres de l’Empire.

 

2. La croix chrétienne surmontée d'une traverse en hauteur pour rappeler l'écriteau de la crucifixion. Elle servit d'armoiries aux ducs de Lorraine.

 

3. Une statue à leur effigie.

 

 

 

source : Cours Germain.fr / J.D.L. © 2017

 

 

 

 

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